Etablissement primaire et secondaire Blonay-Saint-Légier
01 décembre 2016

Cartons du Coeur 2016

caton-coeur

L’Association des Cartons du Coeur

Quelques chiffres en 2016:

  • 32 tonnes de marchandise récoltée
  • 1700 cartons livrés

Cette année encore, notre établissement participe à l’action des Cartons du Cœur.
L’année dernière, nous avons offert à l’Association plus d’un 30e de la masse totale qu’elle distribue, soit 1,4 tonnes environ. Si ce chiffre paraît énorme, le besoin est chaque année plus grand.
Ensemble, essayons de réduire la pauvreté dans notre région!
Alors, videz vos armoires trop garnies et donnez ce que vous avez avant de devoir jeter.

Cyril Schreiber & Duncan Woodford

 

A l’occasion de cette action, Emma Hunter a rencontré une bénévole des Cartons du Cœur, Francine Ghiringhelli, qui lui a d’abord expliqué ce que représente cette association.

– Francine :
Elle a été créée en mai 1993 dans la Riviera. Elle a rejoint des antennes en Suisse déjà existantes. C’est M. Terrettaz qui en a été le premier président. Les dons aux familles ou autres personnes (familles recomposées, jeunes en formation, personnes en difficulté) de la région permettent de finir le mois sans avoir à se préoccuper trop de leurs factures. C’est un coup de pouce qui leur est très utile. Nous livrons des cartons le mardi et le jeudi à toutes les personnes qui nous téléphonent pour nous le demander. Mais le problème c’est qu’ils ont souvent honte et n’osent pas nous contacter.

– Emma :
En discutant avec toi, je me suis rendue compte qu’il y a beaucoup plus de pauvreté en Suisse que la plupart des gens le pensent.

– Francine :
Oui mais c’est assez bien caché. Le voisin de palier ne sait peut-être même pas que ces personnes sont en difficulté. De 1993 à 1998, je faisais plutôt la récolte, mais ensuite j’ai eu envie de plus m’investir. Notre travail, à mon mari et moi, c’est d’aller déposer les cartons chez les gens.
Une fois, par exemple, on est allés chez une octogénaire qui venait de perdre son mari. Elle n’avait plus que la moitié de la rente de son mari pour vivre et elle avait des problèmes pour finir le mois. En arrivant chez elle, on lui a proposé de l’aider à ranger. On a ouvert les armoires et on n’a trouvé qu’un demi-paquet de pâtes et un reste de lait dans le frigo. On lui a montré les biscuits et le chocolat et là, cette grand-maman a dit qu’elle allait les donner aux voisins qui l’avaient soutenue dans ce deuil. Cela m’a beaucoup touchée.
Une autre fois, une famille de 5 enfants habitaient dans un appartement d’une pièce et demi. Les jours les plus difficiles étaient ceux de pluie car ils ne pouvaient pas sortir. Ils n’avaient rien : quasiment pas d’habits. Cela me faisait penser à certains autres enfants pour qui le drame est de ne pas avoir la Playstation, alors que pour eux, c’était de ne pas pouvoir aller jouer au parc. Ils voient ce monde avec un autre regard.

– Emma :
qu’est-ce qu’il y a dans un carton du cœur livré ?

– Francine :
De la viande, du poisson, du pain, des fruits et des légumes, des objets de longue conservation comme les conserves ou les produits d’hygiène.

– Emma :
Si tu étais directrice des Cartons du Cœur, est-ce que tu changerais quelque chose ? Est-ce que tu penses que ce système fonctionne bien ?

– Francine :
Non, je ne changerais rien parce que l’Association s’est organisée et améliorée au fil des années. Bien sûr, l’idéal serait que cette organisation doive se dissoudre parce qu’il n’y aurait plus de pauvreté, mais malheureusement, elle croît. Le point positif c’est que, en général, les personnes sont généreuses. Pas seulement en dons en nature dans les supermarchés et les écoles, mais également des boulangers qui donnent leurs invendus, ils donnent de l’argent pour qu’on puisse acheter la viande, le poisson, les denrées périssables.

Propos recueillis par Emma Hunter

« Marche d’automne 2016 Cartons du coeur 2016, le bilan »
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